Biologiste au Smithsonian, Adrienne Crosier se spécialise dans les guépards et travaille avec la Cheetah Conservation Fund (CCF) depuis son laboratoire de l'Institut de conservation biologique (SCBI) du Smithsonian de Front Royal, en Virginie. Avec l’aide de ses partenaires, elle oriente ses recherches vers la création de nouvelles technologies pour encourager la reproduction des guépards en captivité.  Son travail a porté ses fruits : des centaines d'échantillons comportant du matériel génétique de guépards ont été conservés dans l'espoir de réintroduire les guépards dans la nature et de renouveler la diversité génétique de l’espèce. Les recherches d'Adrienne au SCBI améliorent notre compréhension des guépards tout en fournissant des connaissances utiles aux biologistes de la conservation luttant pour la survie des guépards en voie d'extinction.  

Le guépard est l'animal terrestre le plus rapide au monde. C'est en outre le félin africain le plus menacé. De la Namibie à l'Iran, l'espèce est tout aussi menacée par la détérioration de son habitat que par la croissance démographique de l'homme. En 1900, près de 100 000 guépards vivaient en liberté de la pointe australe du continent africain à la Perse.  Aujourd’hui, la planète ne compte plus que 10 000 à 12 000 spécimens, que ce soit à l’état sauvage ou domestique.

Crédit photo : Institut du Smithsonian.
Crédit photo : Institut du Smithsonian.

La majorité des populations de guépards vivent dans au Botswana, en Zambie et en Namibie, dans le sud-ouest de l’Afrique, là où la CCF a pour mission de protéger les derniers spécimens vivants. Biologiste spécialiste des guépards au Smithsonian, Adrienne Crosier étudie le mode de reproduction de ces animaux depuis son laboratoire du SCBI. Elle cherche à mettre au point de nouvelles technologies visant à promouvoir la reproduction des guépards en captivité. 

Contrairement aux autres animaux, les guépards sont dotés d'une très faible diversité génétique. Il y a de cela 12 000 ans, une catastrophe naturelle à grande échelle a décimé pas moins de 75 % des grands mammifères.  Seuls une poignée de guépards ont survécu : tous les guépards d'aujourd'hui descendent de ce petit groupe. 

Baptisée « goulet d'étranglement de population », la faible diversité génétique des guépards résultant de cette catastrophe implique que les guépards sont particulièrement vulnérables aux changements environnementaux de leur habitat et peinent à se reproduire.

Jeunes guépards. 
Crédit photo : Mehgan Murphy/NZP.
Jeunes guépards. Crédit photo : Mehgan Murphy/NZP.

Adrienne et ses pairs du Smithsonian aidés de nos partenaires internationaux vont contribuer au renouvellement des populations de guépards grâce aux avancées en matière de reproduction des guépards et aux biobanques de matériel génétique recueilli sur des spécimens morts 10, 20 ou 30 ans plus tôt.  

Depuis 2002, Adrienne montre aux Namibiens comment effectuer des prélèvements sur les guépards. Ces derniers sont ensuite stockés et congelés dans une biobanque en vue d'une utilisation ultérieure. À ce jour, des centaines de prélèvements de matériel génétique sont conservés en Namibie en vue de réintroduire l'espèce dans la nature et de renouveler sa diversité génétique.

Un embryon de guépard femelle. 
 Crédit photo : Pierre Comizzoli, la CCF et Smithsonian/NZP.
Un embryon de guépard femelle. Crédit photo : Pierre Comizzoli, la CCF et Smithsonian/NZP.

Actuellement, Adrienne s'intéresse de près à la physiologie de la reproduction des femelles guépards les plus âgées. Le cycle de reproduction des guépards femelles étant irrégulier, les scientifiques ne savent pas bien manipuler leurs hormones afin d'optimiser leurs capacités reproductives. Face à la mise en péril de l'habitat des guépards et au déclin des proies disponibles, les recherches d'Adrienne sont cruciales pour la survie de l'espèce.  

Cheetah cubs. Photo credit NZP.
Cheetah cubs. Photo credit NZP.

En conservant les ovules des femelles plus âgées devenues infertiles, Adrienne et son équipe ont bon espoir de pouvoir les implanter dans des mères porteuses après fertilisation, pour ainsi réintroduire certaines de leurs caractéristiques génétiques dans la population.

Pour mieux définir la menace qui guette les guépards en liberté ou sous surveillance humaine, Adrienne allie le fruit de ses propres recherches sur la reproduction à celles effectuées par d’autres biologistes de la conservation du SCBI sur la santé, les maladies et le patrimoine génétique des guépards.  À partir des observations faites sur la reproduction des guépards en captivité, elle et son équipe sont en mesure de soutenir et promouvoir les populations de guépards.

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