Les scientifiques du Centre pour les oiseaux migrateurs du Smithsonian (SMBC) s’efforcent de comprendre le déclin de la population aviaire mondiale et appliquent leurs recherches à la conservation des oiseaux et de leurs habitats.  Ils mettent au point de nouvelles technologies et se concertent avec des partenaires variés pour étudier comment l’agriculture, le développement humain, les agents pathogènes et le dérèglement climatique affectent les oiseaux.

La population aviaire mondiale décline. « C’est un problème d’envergure mondiale, » explique Pete Marra, spécialiste de la conservation au Smithsonian. « Le rythme de disparition varie selon les espèces, mais tous les continents sont touchés. »

Pete dirige le Centre d'étude des oiseaux migrateurs du Smithsonian (SMBC) qui dépend du Parc zoologique national du Smithsonian et de son Institut de conservation biologique. Dans l'hémisphère occidental, les scientifiques du SMBC surveillent les flux migratoires des oiseaux par satellite ou réseau cellulaire. À partir de ces données, le SMBC peut prodiguer des conseils pratiques de gestion visant à préserver les espèces d'oiseaux menacées. 

Le directeur du SMBC Pete Marra.  Crédit photo : Tim Romano.
Le directeur du SMBC Pete Marra. Crédit photo : Tim Romano.

Le suivi des animaux est un élément fondamental de la conservation des espèces. En suivant les mouvements des oiseaux, des baleines et d’autres espèces, nous pouvons mieux comprendre leur destination, les habitats qu’ils occupent et, surtout, le lieu et la cause de leur décès. Les chercheurs du Smithsonian et leurs collègues sont des précurseurs en matière d'utilisation de dispositifs de localisation miniatures. Grâce à la taille réduite des émetteurs, la localisation des oiseaux gagne en efficacité et s'avère moins coûteuse, tout en restant dans le respect des oiseaux !

Avec Michael Hallworth, chercheur à l’Institut de conservation biologique du Smithsonian (SCBI), Pete a récemment mis au point la première balise GPS de précision destinée à localiser les oiseaux migrateurs. Ce dispositif permet de les surveiller avec une fiabilité sans précédent

Ces balises GPS miniatures localisent les oiseaux avec une précision extraordinaire, de l’ordre de 10 mètres. Sac à dos minuscule aux dimensions adaptées aux petits oiseaux et enveloppé dans un plastique biodégradable, la balise s’allume 8 à 10 fois par an pendant 70 secondes de façon à signaler la position de l’oiseau aux satellites GPS.

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Crédit photo : Tim Romano.

Les balises de localisation GPS sont dix fois plus petites que les dispositifs GPS précédents et s'avèrent d'une efficacité supérieure à celle d’autres appareils de localisation de taille similaire. Pesant environ un gramme, le nouvel émetteur peut être porté par des oiseaux chanteurs d'une vingtaine de grammes. Jusqu’à présent, le plus petit appareil à témoigner d'une telle précision pesait près de 12 grammes et n'était pas compatible avec des animaux de moins de 250 grammes.

SMBC GPS tracking unit. Photo Credit Michael Hallworth
SMBC GPS tracking unit. Photo Credit Michael Hallworth

« C’est la première fois que l’on peut localiser un animal aussi petit avec un émetteur de cette taille et avec une telle précision », se réjouit Pete. « Nous pouvons désormais définir le territoire exact qu'occupent ces oiseaux sur leurs zones d’hivernage tropicales. Les technologies miniaturisées nous permettant de suivre les animaux dans leur cycle annuel sont des outils essentiels pour une protection efficace de l'espèce. »

Les chercheurs du SMBC ont été parmi les premiers à étudier les migrations d’oiseaux tout au long de l’année, c’est-à-dire dans leur « cycle annuel ». Après des dizaines d’années de recherches selon cette méthode, le SMBC a découvert que ce que traversaient les oiseaux durant hiver influençait directement leurs chances de reproduction l’été suivant. Autrement dit, les différentes saisons du cycle annuel sont indissociables. Les études menées par le Smithsonian sur l’écologie des oiseaux tout au long de l'année nous aident à comprendre comment optimiser leurs chances de survie à long terme. 

Photo credit Tim Romano.
Crédit photo : Tim Romano.

Grâce à cette approche globale, les chercheurs du Smithsonian peuvent établir où les populations d’oiseaux se rendent pendant l’année. Ce nouveau domaine de recherche porte le nom de « connectivité migratoire ». En partenariat avec la Commission géographique des États-Unis, le SMBC a récemment lancé le projet de connectivité migratoire, un programme collaboratif qui fait appel à la technologie pour étudier et localiser les espèces d’oiseaux durant leur cycle de vie. Les scientifiques utilisent ces données pour sensibiliser les populations de toutes cultures au sort des oiseaux et d’autres animaux migrateurs. 

Pour ce faire, les chercheurs du SMBC mettent leurs recherches sur l’écologie de la population aviaire au profit de la gestion des territoires. Si le réaménagement des terres à des fins de développement urbain ou suburbain peut offrir des solutions à court terme pour les populations humaines, il risque de détruire des écosystèmes profitables à long terme. Le SMBC prône des solutions durables qui contribuent également à la pérennité d’importantes populations aviaires et d’écosystèmes entiers. 

Photo credit Tim Romano.
Crédit photo : Tim Romano.

Les humains font partie de ces écosystèmes. Les chercheurs du SMBC étudient des systèmes de gestion des terres qui soient avantageux à la fois pour les oiseaux migrateurs et les communautés locales. En zones urbaines, le SMBC évalue dans quelle mesure les oiseaux réagissent au bruit, à l'architecture et au stress des villes. Dans les milieux ruraux et tropicaux, les scientifiques du Smithsonian étudient comment produire du café, du cacao, du riz ou du vin de façon à améliorer les revenus des fermiers et la qualité des produits, tout en préservant la biodiversité.

Au SMBC, les scientifiques veulent en apprendre autant que possible sur la biologie des oiseaux, et leurs recherches étayent toutes sortes de programmes de conservation. En Amérique centrale, du Panama au Mexique, le SMBC coopère avec des organismes publics et non gouvernementaux afin de protéger diverses espèces d’oiseaux. C’est le cas notamment de la grive des bois. Alors que ces oiseaux chanteurs étaient très répandus autrefois, leur population a baissé de 65 % en 40 ans. En s’associant à des universités, des organismes publics et des organisations non gouvernementales, le SMBC et ses partenaires peuvent traiter les multiples facettes des problèmes rencontrés par ces oiseaux chanteurs.

Notre équipe : Pete Marra, Mike Hallworth
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