In 2014, former Smithsonian curator Masum Momaya, Ed.D. brought a version of the Smithsonian Asian Pacific American Center (APAC)’s exhibition, Beyond Bollywood: Indian Americans Shape the Nation, to India. The exhibition, which toured abroad in partnership with the U.S. Department of State, showcases Indian American contributions to American history and breaks down stereotypes about Indian Americans. The tour through India presented Masum an opportunity to find points of contact and commonality with an international audience and added her perspective to American cultural diplomacy efforts in India.

Curator Masum Momaya in the "Beyond Bollywood: Indian Americans Shape the Nation" exhibition at the National Museum of Natural History, August 2015. Photograph by Shan Jalla. Photo Credit Smithsonian Asian Pacific American Center
Masum Momaya, conservatrice à l’exposition « Beyond Bollywood: L’exposition Indian Americans Shape the Nation » au musée national d’histoire naturelle en août 2015. Photographie par Shan Jalla. Crédit photo : Smithsonian Asian Pacific American Center.

La tournée Beyond Bollywoodest fondée sur les liens étroits et anciens du Smithsonian avec l'Inde qui vont du festival 1985 Aditi: A Celebration of Life , aux décennies de recherche ornithologiques de l'ancien secrétaire S. Dillon en Asie du Sud-Est, en passant par la plus récente exposition Yoga: Exposition The Art of Transformation. Beyond Bollywood présente des aspects mal connus de cette relation en privilégiant les Indo-américains qui enjambent les frontières culturelles, économiques et sociales entre les États-Unis et l'Inde. En présentant cette histoire et en célébrant la diversité culturelle des États-Unis pendant cette tournée indienne, Beyond Bollywood a ancré l'approche du Smithsonian en matière de diplomatie culturelle dans une appréciation des cultures des diaspora et dans l'échange culturel, y compris à travers les conversations que Masum a eues avec des activistes, des artistes et des journalistes.

RJ Vikram, de Radio One, s'entretenant avec Masum Momaya, conservatrice au Smithsonian Asian Pacifique American Center. Chennai, Inde (novembre 2014). 
 Crédit photo : ambassade 
 des États-Unis, Chennai.
L'Honorable Kathleen Stephens, chargée d’affaires des États-Unis, inaugure l'exposition "Beyond Bollywood" avec la conservatrice Masum Momaya au New Delhi American Center. Dans la tradition indienne, les lampes allumées marquent les événements mémorables. Crédit : Ambassade des États-Unis, New Dehli

Le Smithsonian a collaboré avec des membres de la diaspora indienne à Washington sur Beyond Bollywood. Les dirigeants de la communauté ont soutenu le Smithsonian et son exposition sur les indo-américains, un programme sans précédent pour le musée. Le soutien de la communauté n'aura pas été que financier, car le projet s'est enrichi de photos, artefacts, documents, œuvres d'art et musiques relatant l'histoire de plus de 3,3 millions de personnes d'origine indienne vivant aux États-Unis. Grâce aux dons et prêts associés aux recherches académiques, l'APAC a pu charpenter pièce par pièce son exposition durant six années. Outre les ressources universitaires et archives du secteur public, Masum s'est procuré une foule d'objets recueillis dans les foyers, lieux de culte et centres communautaires. Elle baptise son exposition Beyond Bollywood: Indian Americans Shape the Nation, une exposition qui se veut le socle des récits indo-américains aux États-Unis et entend faire tomber les stéréotypes sur les Indo-américains véhiculés à travers les représentations culturelles.

Visitors in the "Beyond Bollywood" exhibition at the National Museum of Natural History, August 2015. Photograph by Shan Jalla. Courtesy: Smithsonian Asian Pacific American Center
Visiteurs de l'exposition « Beyond Bollywood » au musée national d'histoire naturelle en août 2015. Photographie par Shan Jalla. Crédit photo : avec l’aimable autorisation du Smithsonian Asian Pacific American Center.

L'exposition Beyond Bollywood a été inaugurée au musée national d'histoire naturelle du Smithsonian en février 2014. Décrit par le Washington Post comme étant « une conception immersive irréprochable », l'exposition a attiré des millions de personnes. L'ambassadeur des États-Unis en Inde a vu l'exposition peu après son ouverture et a suggéré que Beyond Bollywood entreprenne une tournée en Inde avec le parrainage du département d'État des États-Unis pour le déplacement de Masum et la fabrication et l'installation de l'exposition à l'étranger. L'ambassade et les consulats des États-Unis ont organisé une tournée diplomatique à l'automne 2014 avec un itinéraire comprenant 4 villes et 4 régions d'Inde : New Delhi, Goa, Chennai et Calcutta.

Visitors view the "Beyond Bollywood" exhibition at Victoria Memorial Hall in Kolkata, India, November 2014. Photo Credit U.S. Consulate, Kolkata
Des visiteurs regardent l'exposition « Beyond Bollywood » au Victoria Memorial Hall à Calcutta, en Inde (novembre 2014). Crédit photo : ambassade des États-Unis, Calcutta.

Pendant la tournée, Masum a pu constater la qualité des échanges et l'ouverture d'esprit des participants. Artistes et activistes débattaient ensemble, espérant sensibiliser le monde en abordant des thèmes controversés. Journalistes et historiens, à travers cette démarche, ont eu envie d'apprendre comment mieux relater leurs récits. Défenseurs des droits de la femme, membres de la LGBTQ et autres groupes, tous étaient libres de s'exprimer et de poser les questions qui leur traversaient l'esprit. Il y a cinquante ans, la diplomatie culturelle était perçue comme un moyen de persuader les étrangers de l'intérêt que leur portaient les États-Unis, mais Masum se base sur sa propre expérience pour dire que « la diplomatie au 21e siècle est peut-être plus orientée sur la discussion et moins sur la persuasion. Il est possible qu'il en soit ainsi depuis le début, surtout en ce qui concerne les conservateurs de musées. »

Octobre 2014, galerie Engendered de New Dehli : des artistes sont réunis pour écouter le discours de Masum Momaya, conservateur à l’Asian Pacifique American Center du Smithsonian. 
Crédit photo : 

avec l'aimable autorisation de l'Ambassade 
des États-Unis, New Delhi.
Octobre 2014, galerie Engendered de New Dehli : des artistes sont réunis pour écouter le discours de Masum Momaya, conservatrice à l'Asian Pacific American Center du Smithsonian. Crédit photo : avec l’aimable autorisation de l’Ambassade des États-Unis, New Delhi.

De toute évidence, la réputation du Smithsonian a ouvert des portes et suscité des débats. En tant que conservatrice de musée, Masum a pris conscience que le rapport des gens vis-à-vis du Smithsonian était empreint de sincérité et ouvert au débat. Lors de l'inauguration de son exposition en Inde, alors qu'elle échange avec les visiteurs, Masum réalise le sens du mot « diplomatie » : « identifier un socle commun et tisser des liens. Tout comme aux États-Unis, le public indien ne s'est pas contenté d'écouter, il a cherché à s'impliquer, à s'interroger. » Le Smithsonian, soutenu par un médiateur de confiance et fort d'une solide réputation, a pu amorcer un véritable débat.

RJ Vikram, de Radio One, s'entretenant avec Masum Momaya, conservatrice au Smithsonian Asian Pacifique American Center. Chennai, Inde (novembre 2014). 
 Crédit photo : ambassade 
 des États-Unis, Chennai.
RJ Vikram, de Radio One, s'entretenant avec Masum Momaya, conservatrice au Smithsonian Asian Pacific American Center. Chennai, Inde (novembre 2014). Crédit photo : ambassade des États-Unis, Chennai.

Si la mise en œuvre de Beyond Bollywood à Washington a duré six ans, l'inauguration ne faisait qu'annoncer une plus longue aventure. Selon Masum, « Quand on inaugure une exposition, on n'est qu'à mi-parcours. Le but n'est pas tant d'être exhaustif, mais provocateur. Il s'agit de susciter le débat, tout comme en diplomatie. » Elle espère que son exposition aura aiguisé l'appétit culturel et conceptuel de son public et que celle-ci instillera des idées et aspirations susceptibles d'influencer les relations diplomatiques entre ces deux pays. Elle espère en outre continuer à faire germer ces idées au fil de sa tournée indienne.

Inauguration of the "Beyond Bollywood" exhibit in the Delhi American Center. Photo courtesy of the U.S. Department of State.
Inauguration de l'exposition intitulée "Beyond Bollywood", au Delhi American Center. Crédit photo : avec l’aimable autorisation du département d’État américain.

Dans quelle mesure une exposition itinérante sur l'histoire et la culture peut-elle influencer la géopolitique ? Selon Masum, « on part du principe que les relations diplomatiques se produisent entre nations. Mais au 21e siècle plus que jamais, les gens, les idées et les cultures sont transnationales et transcendent l'intérêt national. À l'instar de ceux qui doivent systématiquement catégoriser les choses et faire naître une cohérence d'un concept complexe, les conservateurs ont longtemps fait office de diplomates culturels. » L'exposition a su transcender les frontières internationales en proposant au public indien des représentations indo-américaines réelles et variées. Les gens issus de la diaspora indienne à Washington ont fortement apprécié l'accueil enthousiaste du projet en Inde. Certains en ont même profité pour visiter l'exposition durant la tournée. En exportant l'exposition Beyond Bollywood en Inde, en partenariat avec le département d'État américain, Masum a su amorcer le dialogue et susciter les échanges culturels interpersonnels bien au-delà du National Mall.

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