Le Centre pour les traditions populaires et le patrimoine culturel du Smithsonian travaille depuis plus de 10 ans avec des musiciens, des artisans et des communautés locales ainsi qu’avec les autorités colombiennes afin de recenser et célébrer le patrimoine culturel immatériel de la Colombie, sa culture vivante. Le Smithsonian a soutenu les efforts colombiens en vue de l’élaboration d’une politique nationale relative à son patrimoine culturel immatériel, fondée sur le respect de la diversité culturelle, la démocratie culturelle et le dialogue interculturel.   

S’appuyant sur ces relations de longue date, le programme du Festival du folklore 2011 du Smithsonian a présenté la diversité biologique et culturelle de la Colombie. Colombia: the Nature of Culture célébrait plus de 10 ans d’engagement constant du Smithsonian au service du patrimoine culturel immatériel de la Colombie, c’est-à-dire sa culture vivante

C’est dans un studio d’enregistrement colombien qu’ont été plantées les graines de cette approche par la base de la politique culturelle. 

La première rencontre de Daniel Sheehy, conservateur et directeur de Smithsonian Folkways Recordings, avec Carlos Rojas Hernández, consultant du ministère colombien de la Culture, date de 2003, par l’intermédiaire d’un collaborateur colombien du Smithsonian. Première d’une longue série de collaborations, Dan et Carlos ont produit ensemble, en 2004, l’album Sí, Soy Llanero: Joropo Music from the Orinoco plains of Colombia, le premier enregistrement de musique colombienne réalisé en Colombie à être nommé aux Grammy® Awards, à la grande fierté de la presse locale.  

Le succès de Sí, Soy Llanero a conduit Dan et les conservateurs de Smithsonian Folkways Recordings à s’associer à des partenaires colombiens pour produire plusieurs albums primés, parmi lesquels ¡Arriba Suena Marimba!: Currulao Marimba Music from Colombia by Grupo Naidy (2006), le lauréat d’un Latin Grammy® Award Un Fuego de Sangre Pura: Los Gaiteros de San Jacinto from Colombia (2006), ¡Ayombe!: The Heart of Colombia’s Música Vallenata (2008) et ¡Cimarrón: Joropo Music from the Plains of Colombia (2011)

Crédit photo : Smithsonian Folkways Recordings.
Crédit photo : Smithsonian Folkways Recordings.

En contribuant à l’enregistrement et à la promotion de musiques traditionnelles colombiennes, le Smithsonian a aidé les Colombiens à découvrir et à apprécier leur patrimoine culturel. Comme l’a écrit Carlos, « les albums que produit le Smithsonian et l’inclusion de nos enregistrements dans ses collections confirment la valeur artistique et culturelle de nos traditions musicales. Espérons que cette reconnaissance inspirera la relève » 

Félix, Carlos et Víctor interprétant des chansons traditionnelles des llaneros. 
 Crédit photo : María Angélica Rodríguez Ibáñez.
Félix, Carlos, and Víctor play traditional llanero ranching songs. Photo credit María Angélica Rodríguez Ibáñez

Le Smithsonian a également offert une plateforme internationale à ces artistes, lorsque trois groupes ont représenté les traditions culturelles colombiennes en 2009 au Festival Las Americas: Un Mundo Musical.

En 2007, le Smithsonian a conclu un accord officiel avec le ministre de la Culture portant sur des programmes culturels, notamment le Festival du folklore. Le gouvernement colombien estimait que ce festival offrirait une plateforme de collaboration pour le recensement et la célébration du riche patrimoine national. 

Le Smithsonian s’est associé à des partenaires colombiens pour réunir les traditions culturelles et trouver des moyens de sauvegarder les cultures vivantes à une époque où les Colombiens commençaient à s’intéresser à leur patrimoine culturel et à sa diversité.

La préparation du Festival de 2011 a nécessité trois ans de recherche active sur le terrain afin de recenser les traditions culturelles colombiennes sous-représentées. Cristina Díaz-Carrera et Olivia Cadaval, conservatrices au Smithsonian, se sont appuyées sur des programmations antérieures et sur plusieurs années de collaboration musicale pour identifier la centaine d’artistes traditionnels et de spécialistes culturels qui ont participé au Festival en tant que musiciens, professeurs de danse, démonstrateurs d’artisanats et de métiers traditionnels, cuisiniers de plats régionaux et autres représentants des manifestations quotidiennes d’une culture festive. 

Abel et Oliverio Rodríguez, originaires d’Araracuara dans la région d’Amazonas, confectionnent des paniers pendant l’édition du Festival à Cali. Crédit photo : Cristina Díaz-Carrera.
Abel et Oliverio Rodríguez, originaires d’Araracuara dans la région d’Amazonas, confectionnent des paniers pendant la réédition du Festival à Cali. Crédit photo : Cristina Díaz-Carrera.

Le Festival a montré que les adaptations culturelles à l’environnement se transmettent pour garantir la pérennité du milieu naturel et culturel. « Le Smithsonian a offert une occasion unique de réunir en un même lieu les représentants de la diversité culturelle et écologique de la Colombie », a écrit le journaliste colombien Mario Lamo. Pour Juan César Bonilla, artisan des hauts-plateaux andins qui a participé au Festival, « Washington nous a donné une chance qui n’existait pas en Colombie : la possibilité de montrer qui nous sommes ». 

Les conservateurs du Smithsonian ont préparé le programme de 2011 avec la Fundación Erigaie, le département du patrimoine culturel au ministère colombien de la Culture, une équipe consultative de représentants de plusieurs universités et institutions culturelles ainsi qu’une équipe de conservateurs colombiens. Pour leurs recherches, les équipes du Smithsonian et de Colombie ont créé une base de données sur la culture vivante en Colombie. Cette base de données est une ressource précieuse pour le ministère de la Culture et tous les Colombiens. 

Les activités autour du Festival ne se sont pas arrêtées après l’événement, accompagnant la poursuite de la documentation et de la conservation culturelle en Colombie. Les pouvoirs publics colombiens ont réorganisé le festival trois fois, à Bogotá, Medellín et Cali

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Des habitants de Cali entourent Ana Dolores Russi, de Sutamarchán, en Colombie, en train de tisser. Crédit photo : Cristina Díaz-Carrera.

Les autorités colombiennes recensent désormais les pratiques relevant du patrimoine culturel qui ont besoin d’être protégées en tant que patrimoine culturel de l’humanité en appliquant la méthode de documentation du Festival du folklore du Smithsonian. 

Les partenariats du Smithsonian avec des artistes, des artisans, des représentants des autorités et bien d’autres personnes en Colombie ont favorisé la définition d’une politique nationale de protection du patrimoine culturel vivant du pays. Pour reprendre les mots d’Olivia Cadaval, conservatrice au Smithsonian, le Smithsonian a aidé ses partenaires colombiens à « formuler leur politique relative au patrimoine culturel immatériel en partant de la base ». 

Les conservateurs du Smithsonian continuent leur travail sur le terrain, recensant et célébrant le patrimoine culturel colombien. « La Colombie est très spéciale pour moi, rapporte Dan. On assiste actuellement à une incroyable renaissance au sein des jeunes générations. Ils s’ouvrent aux traditions avec un incroyable talent et créent des musiques magnifiques. Je me sens privilégié de jouer un rôle dans la diffusion de cet art à travers le monde. »  Carlos et lui préparent actuellement un nouvel album prévu pour 2016, qui portera sur le bambuco, une musique originaire des Andes colombiennes et des régions productrices de café.  

 

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