Un archipel de forêts alpestres borde les frontières du Nigéria au Cameroun. Culminant de 1500 à 3000 mètres, ces forêts fraîches et pluvieuses abritent des espèces adaptées à ce milieu. Elles servent de bassins hydrographiques, utiles aussi bien aux humains qu'aux animaux. À la parcelle forestière de Ngel Nyaki, le Smithsonian s'implique auprès des communautés locales et du Nigerian Montane Forest luttant pour la sauvegarde des forêts alpestres.

Des membres de l’équipe d’investigation observent la parcelle en aval. 
Crédit photo : 
Hazel Chapman.
Des membres de l'équipe d'investigation observent la parcelle en aval. Crédit photo : Hazel Chapman.

In 2014, Ngel Nyaki joined the Smithsonian’s Forest Global Earth Observatory network (ForestGEO), a worldwide program of the Smithsonian Tropical Research Institute in Panama. For more than 30 years, Smithsonian scientists in collaboration with more than 100 partner organizations worldwide have been watching over the health of the planet at 66 forest plots in 27 countries, monitoring and studying tropical and temperate forest functions and the diversity of life they support.

Station locale. 
 Crédit photo : 
 Hazel Chapman.
Station locale. Crédit photo : Hazel Chapman.

Alors qu'elles recouvraient autrefois les hautes terres du Cameroun, les forêts alpestres se sont raréfiées en Afrique de l'Ouest et poursuivent leur inéluctable déclin. Les zones de forêts alpestres au Nigeria n'occupent que 46 m² du territoire. La forêt alpestre de Ngel Nyaki renferme un écosystème typique d'Afrique de l'ouest, peuplé d'un large éventail d'espèces endémiques ou menacées qui dépendent de la forêt pour survivre : oiseaux, végétation, arbres et grands mammifères (chimpanzés…)

Le chimpanzé est une espèce représentative des forêts alpestres du Nigéria et du Cameroun. Il transporte et disperse les graines d'un certain nombre d'arbres, notamment ceux à grandes graines. Ngel Nyaki accueillera le premier protocole de suivi d'espèces d'arbres à grandes graines, comme Carapa oreaphila et Cordia millenii. Au cours de l'histoire, les graines de ces arbres ont été dispersées par de grands primates tels que les chimpanzés ou les éléphants. Mais ici, les éléphants ont disparu et les chimpanzés sont en voie d'extinction. La parcelle à Ngel Nyaki va permettre d'examiner la dispersion des graines en l'absence de ces grands animaux. Faire toute la lumière sur le phénomène de dispersion contribuera à restaurer les paysages forestiers en adoptant une nouvelle approche.

Si Ngel Nyaki se situe dans une réserve forestière au Nigeria, les communautés locales n'ont été que trop peu sollicitées ces dernières décennies pour mettre en place des protocoles de suivi et de protection. Les activités humaines tels que l'extension des territoires de chasse, la déforestation pour laisser place à des zones de pâturage et l'intrusion humaine sont autant de menaces qui planent sur la forêt.

Séance de coupe de fils. 
 Crédit photo : 
 Hazel Chapman.
Séance de coupe de fils. Crédit photo : Hazel Chapman.

Les recherches sur le site forestier de Ngel Nyaki dépendent des communautés locales qui veulent préserver la forêt. Elles illustrent la façon dont les chercheurs et communautés peuvent mieux gérer l'écosystème des forêts alpestres. Professeure associée à l'Université de Canterbury en Nouvelle-Zélande et directrice du Nigerian Montane Forest Project, Hazel Chapman estime que les villageois voient « leur propre avenir et celui de leurs enfants » dans cette parcelle.

Femmes de l'équipe en compagnie de Hazel et de villageoises de Ndombo Ngishi. 
 Crédit photo : 
 Hazel Chapman.
Femmes de l'équipe, en compagnie de Hazel et de villageoises de Ndombo Ngishi. Crédit photo : Hazel Chapman.

Le site emploie actuellement 22 Nigériens à plein temps : assistants de terrain, cuisiniers, veilleurs, gestionnaires et photographes de la communauté. Non loin de là, des villageois de Yelwa veillent sur la pépinière, photographient le site, font des recherches, saisissent et vérifient les données de milliers d'arbres. Depuis l'installation de la parcelle en 2014, dix villageois ont marqué et passé en revue toute la surface, soit 20 hectares de forêt. À l'aide d'étiquettes de métal fabriquées avec du matériau de toitures, le groupe a achevé le marquage et l'étiquetage de chaque arbre sur la parcelle en décembre 2015.

Confection d'étiquettes. 
 Crédit photo : 
 Hazel Chapman.
Confection d'étiquettes. Crédit photo : Hazel Chapman.

Le site forestier étant prêt, c'est dorénavant un protocole de suivi sur le long terme qui permettra de comprendre les dynamiques forestières et de les restaurer. Chercheurs et étudiants nigériens et scientifiques de l'Université de Canterbury et du Smithsonian s'impliqueront ensemble au service d'une étude multinationale. Les données recueillies sur la parcelle seront alors recoupées avec d'autres sites du réseau mondial ForestGEO pour mieux étudier l'effet des mutations à long terme dans les paysages forestiers de la planète.

Stagiaires. 
 Crédit photo : Hazel Chapman.
Stagiaires. Crédit photo : Hazel Chapman.

Le site de Ngel Nyaki s'appuie sur les travaux du Nigerian Montane Forest en matière de protocole de suivi forestier et renforcement des capacités. Il est le fruit d'un partenariat entre le Smithsonian, l'Université de Canterbury, le projet Nigerian Montane Forest et le Zoo de Chester (Royaume-Uni), entièrement financé par le général retraité T.Y. Danjuma, de l'État de Taraba à l'est du Nigeria.

Depuis la première réserve forestière de suivi sur l'île Barro Colorado à Panama dans les années 80, ForestGEO s'est investi dans plusieurs missions : étudier le changement climatique des forêts de la planète, instaurer avec les gouvernements locaux et nationaux une gestion durable des forêts, former des milliers d'étudiants et chercheurs des quatre coins du globe en sciences des forêts. ForestGeo Africa englobe 5 réserves au Cameron, en République démocratique du Congo, au Gabon, au Kenya et la parcelle récente de Ngel Nyaki au Nigeria.

En savoir plus sur : ForestGEO : Ngel Nyaki
Fermer