Les chercheurs du Smithsonian s’appuient sur des systèmes d’information géographique (GIS) pour comprendre comment conserver les éléphants d’Asie à l’état sauvage. En 2002, Peter Leimgruber et Melissa Songer, chercheurs à l’Institut de conservation biologique du Smithsonian (SCBI), ont lancé le premier projet de suivi par satellite des éléphants d’Asie du Myanmar.

Les médias s’intéressent souvent au déclin des populations d’éléphants d’Afrique, conséquence du braconnage, alors que les éléphants d’Asie sont encore plus menacés : ils sont environ dix fois moins nombreux à l’état sauvage. La principale menace qui pèse sur les éléphants d’Asie est la disparition de leur habitat, liée à la conversion des terres à des fins agricoles. Ce changement dans l’utilisation des terres entraîne également des conflits entre les éléphants et les paysans ou les propriétaires de plantations. 

Crédit photo : Christie Sampson.
Crédit photo : Christie Sampson.

Selon les estimations des chercheurs, il ne resterait plus que 30 000 à 50 000 éléphants d’Asie à l’état sauvage, éparpillés sur des habitats fragmentés dans 13 pays asiatiques. Les éléphants d’Asie vivant en général en forêt, leur observation à l’état sauvage est difficile,  de même que l’évaluation des niveaux de population par les gestionnaires de la faune qui tentent de définir des stratégies de conservation

Pour résoudre les problèmes d’observation et de suivi de chaque éléphant, les chercheurs recourent à des méthodes et technologies nouvelles pour estimer les populations et se renseigner sur les schémas de comportement et de mouvement. La surveillance par satellite est l’une des nouvelles méthodes les plus prometteuses.

Crédit photo : Christie Sampson.
Crédit photo : Christie Sampson.

Crédit photo : Christie Sampson.
Crédit photo : Christie Sampson.

Les colliers émetteurs équipés d’un système de localisation GPS aident les chercheurs à localiser précisément les éléphants plusieurs fois par jour. Leur lecture indique les schémas de leurs mouvements saisonniers, leur domaine vital et leur utilisation de l’habitat.

Crédit photo : Christie Sampson.
Crédit photo : Christie Sampson.

Les chercheurs du Smithsonian utilisent cette méthode pour aider les organismes publics et les organisations de conservation des espèces sauvages du sud et du sud-est de l’Asie à concevoir de meilleurs plans de gestion et de conservation des éléphants.

L’étudiante Danielle Shanahan et Mel Songer localisent des éléphants en collaboration avec une équipe de la Myanmar Timber Enterprise, organisme public chargé de la surveillance des éléphants utilisés dans l’industrie du bois au Myanmar. 
Crédit photo : Ye Htut.
L’étudiante, Danielle Shanahan, et Mel Songer localisent des éléphants en collaboration avec une équipe de capture de Myanmar Timber Enterprise, l’organisme public qui gère les éléphants utilisés dans l’industrie du bois au Myanmar. Crédit photo : Ye Htut.

Depuis sa création, l’équipe du Smithsonian a posé des colliers émetteurs sur 10 éléphants au Myanmar et collaboré à la pose de colliers sur de nombreux autres éléphants dans le reste de l’Asie. Les chercheurs du SCBI, en association avec les agents forestiers de la cordillère de Bago Yama, au Myanmar, se servent de ces données pour concevoir de nouvelles stratégies de gestion qui atténueront le conflit humains/éléphants dans la région. Par exemple, en observant les schémas de déplacement des éléphants, les chercheurs du Smithsonian et leurs collègues au Myanmar peuvent planifier des interventions stratégiques telles que l’installation de clôtures électriques temporaires pour protéger la population et les cultures des éléphants.   

Involving local communities in the project is critical to the effort’s overall success. In summer 2014, Christie Sampson, a doctoral candidate at Clemson University and former Smithsonian fellow, led town-hall style meetings and conducted interview surveys with residents in rural Myanmar. These activities helped the team to discern the types of conflict communities experienced, such as crop raiding or fear for personal safety, and what mitigation strategies local villages are currently using. 

L’agent forestier, Than Shwe, l’étudiante, Christie Sampson, et Mel Songer discutent de l’aménagement du territoire dans une zone marquée par les conflits humains, près du village de Thay Aye Ye, canton de Taikkyi, en Birmanie. 
Crédit photo : Christie Sampson.
L’agent forestier, Than Shwe, l’étudiante, Christie Sampson, et Mel Songer discutent de l’aménagement du territoire dans une zone marquée par les conflits humains, près du village de Thay Aye Ye, canton de Taikkyi, au Myanmar. Crédit photo : Christie Sampson.

Grâce aux entretiens, les scientifiques ont pu comprendre comment les communautés locales percevaient le risque lié à la vie avec les éléphants et leurs attitudes de conservation afin de protéger cette espèce menacée. Le fait d’impliquer les communautés locales dans les projets permet de gagner la confiance et la bienveillance des résidents, un élément déterminant du succès à long terme de la gestion des conflits entre l’homme et la faune. L’équipe a constaté un appui massif à son projet et, malgré un niveau de conflit élevé, une ferme volonté de conserver la population d’éléphants du Myanmar.

Crédit photo : Christie Sampson.
Crédit photo : Christie Sampson.

En décembre 2014, les chercheurs du Smithsonian sont revenus au Myanmar pour poser des colliers équipés d’un système de localisation GPS sur quatre éléphants mâles adultes, source de conflits. Les données transmises par les colliers émetteurs donnent d’ores et déjà des indices sur la façon dont les éléphants utilisent le terrain local. Les chercheurs s’en serviront pour déterminer comment les éléphants se comportent avant, pendant et après un conflit.  Cela permettra d’évaluer l’efficacité des nouvelles stratégies d’atténuation. L’équipe espère étendre son programme et poser des colliers sur 20 autres éléphants dans les prochaines années.  

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